La grossesse.

Que l’on souffre d’une maladie auto-immune ou non, le moment où l’on se pose la question de fonder une famille finit par arriver. Si la réponse est oui, c’est à partir de ce moment qu’il faut envisager d’en discuter avec votre rhumatologue et votre équipe de soins. Il faudra planifier certaines étapes afin que votre grossesse se passe bien et de façon sécuritaire pour vous et l’enfant à venir. Si vous êtes un homme, il y a aussi quelques précautions à prendre avant de penser fonder votre famille. 

Avant toute chose, vous devrez vous poser quelques questions essentielles : Quel est mon état en ce moment? Est-ce que c’est un bon moment pour arrêter ou changer certains de mes médicaments? Est-ce que je me sens capable de m’occuper d’un bébé jour et nuit même si l’arthrite est active? Est-ce que l’allaitement est indispensable pour moi ou vais-je donner du lait maternisé à mon enfant afin de reprendre mes traitements tout de suite après l’accouchement? Est-ce que mon entourage peut m’apporter un support physique et psychologique suffisant? Si je suis un homme, suis-je prêt à changer de traitement et à risquer d’avoir des poussées d’arthrite afin de concevoir un enfant?

Nous comprenons à quel point ce sujet est difficile à aborder et peut créer de l’incertitude. Loin de nous l’idée de vous dissuader de devenir parents. L’arthrite en tant que telle n’est pas une contre-indication à la conception d’un enfant. Vos traitements eux peuvent l’être. Voilà pourquoi une discussion franche sur les enjeux et la réalité de devenir parents est essentielle afin que ce moment soit positif, comme il devrait l’être. 

Premièrement, votre spécialiste discutera des pours et des contres avec vous. Vous devrez cesser la prise de certains médicaments, et ce, peu importe votre sexe. Les traitements pouvant causer préjudice au bébé sont le Méthotrexate et le Léflunomide (Arava). Ces traitements peuvent être toxiques pour l’embryon et causer des malformations. D’autres médications peuvent avoir un effet néfaste sur votre bébé en devenir, mais sont moins fréquemment utilisées, il faut donc toujours confirmer avec votre médecin si vous devez les cesser ou non. Un sevrage d’au moins trois mois sera nécessaire avant de tenter de concevoir un enfant. Pendant cette période, une contraception efficace devra être utilisée, comme la pilule anticonceptionnelle et le condom avec spermicide. Certains traitements pourront remplacer ceux que vous devrez cesser. Leurs risques pour l’enfant à venir sont pratiquement inexistants. Ces médicaments sont l’Azathioprine (Imuran), la Salazopyrine (Sulfasalazine), l’Hydroxychloroquine (Plaquenil). Chez l’homme, la Salazopyrine peut diminuer le nombre de spermatozoïdes. Si après six mois d’essai, votre partenaire n’est toujours pas enceinte, un spermogramme peut être envisagé.   

Les anti-iInflammatoires non -stéroïdiens (AINS) devront aussi être cessés ou utilisés au besoin seulement, car ils ont un impact sur le fœtus à tous les stades de la grossesse. Selon le JAMC (Journal de l’Association médicale canadienne), le risque d’avortement spontané augmente de 2,4 fois s’il y a prise d’AINS lors de la conception ou juste après. Au premier trimestre, les risques de malformations congénitales augmentent aussi. Plus tard, dans le deuxième et le troisième trimestre, les AINS peuvent entraîner des malformations des reins et des artères de l’enfant à naître et il y a un risque de toxicité fœtale pouvant causer la mort. Il est donc préférable de les éviter au maximum, surtout pendant le troisième trimestre. Discutez avec votre médecin des risques de la prise occasionnelle et des médicaments à privilégier dans ce contexte. Pour ce qui est de l’allaitement, les AINS sont peu sécrétés dans le lait maternel et les plus sécuritaires sont l’Ibuprofène, le Naproxène, le Diclofenac et le Flurbiprofène.   

Les glucocorticoïdes donnés à la plus faible dose possible pourraient être une option pour les personnes chez qui l’arthrite demeure active pendant la grossesse ou chez l’homme cessant les ARMM ayant des contre-indications aux AINS, expérimentant des poussées de douleurs pendant les trois mois de sevrage avant de tenter de concevoir un enfant.

 

L’acétaminophène est l’analgésique de choix lors d’une grossesse comme il n’est associé à aucune malformation chez le fœtus.

Pour ce qui est des Biologiques, certains présentent plus de risques que d’autres. Selon la discussion avec leur rhumatologue, certaines femmes choisiront de continuer leur traitement. Pour les hommes, il n’est pas nécessaire de cesser cette médication. L’expérience que nous avons présentement avec les anti-TNF en grossesse est rassurante. Les grossesses se passent bien et les enfants sont en bonne santé.

 

Il y aura quelques points à retenir après l’accouchement comme de ne pas utiliser de vaccins vivants atténués chez un bébé de moins de six mois dont la mère a été exposée à un agent Biologique pendant la grossesse. Les vaccins vivants atténués chez les enfants sont utilisés contre les diarrhées du rotavirus, contre la rougeole, la Rubéole, les oreillons et la varicelle. Il ne faut pas oublier de mentionner au médecin ou au pédiatre qui suivra votre enfant après sa naissance que vous avez été traitée avec un agent biologique pendant votre grossesse, afin qu’il suive les recommandations à cet effet.

 

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révision Septembre 2018.

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